The Birth of a Nation : entre histoire et actualité

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Trente ans avant la guerre de Sécession, Nat Turner est un esclave cultivé et un prédicateur très écouté.
Son propriétaire, Samuel Turner, qui connaît des difficultés financières, accepte une offre visant à utiliser les talents de prêcheur de Nat pour assujettir des esclaves indisciplinés. Après avoir été témoin des atrocités commises à l’encontre de ses camarades opprimés, et en avoir lui-même souffert avec son épouse, Nat conçoit un plan qui peut conduire son peuple vers la liberté…

Source : Allociné

Bande annonce       Bande son du film


The Birth of a Nation est régulièrement mis en parallèle avec 12 years a slave réalisé par Steve McQueen. Je dois avouer que moi-même, en lisant le synopsis, je n’ai pas put m’empêcher d’y songer, 12 years a slave m’avait profondément marquée et émue, au point qu’en apprenant qu’il avait été adapté d’un témoignage réel qui était disponible et traduit en français, je me suis lancée dans sa lecture pour ensuite visionner à nouveau le film avec un œil nouveau. J’ai adoré et j’ai été bouleversée autant par l’un que par l’autre.

Pourtant, The Birth of a Nation est différent du film de Steve McQueen. La période historique couverte n’est pas la même : 12 years a slave commence en 1841, alors que le film de Nate Turner débute une dizaine d’années avant. Ce n’est certes qu’un détail, mais cela à son importance dans l’histoire, dans l’un comme dans l’autre, les personnages sont en quête de liberté, mais pas de la même façon. Alors que Solomon Northup de 12 years a slave est un homme libre, injustement devenu esclave et voulant retrouver sa liberté pour rejoindre sa famille, Nate Turner de Birth of a Nation est né esclave et ne cherchera pas qu’à obtenir sa propre liberté, mais celle de son peuple tout entier.

Croyances et religion

Je vais à présent laisser le comparatif entre ces deux films et ses protagonistes de côté pour ne parler que de The Birth of a Nation.

Dès le début, nous sommes confrontés aux croyances, à leur aspect quasiment mystique, et ce n’est pas un spoil si je vous dis que Nate est promit à accomplir de grandes choses dès le début du récit. Cette prédiction le guidera d’ailleurs tout au long de l’histoire.

You’re a child of God, you’ve got purpose. The law put it there and nobody can take it away.

La religion, pour sa part, à une place essentielle dans le film, à la fois car les esclavagistes s’en servent pour justifier l’asservissement et la maltraitance d’êtres humains qu’ils jugent inférieurs, que parce qu’elle va finir par être à l’origine d’un revirement dans la destiné de Nate. Comme spécifié dans le synopsis, il deviendra prêcheur et sera contraint à user de la religion pour assujettir ses semblables à la demande de leurs maîtres. Néanmoins, à son tour, il finira par interpréter les textes sacrés à sa manière, tout comme ses oppresseurs, mais dans l’optique de libérer les siens.

They’re waiting on something. They’re waiting on us.

Bien que justifiée, cette quête de liberté repose sur des bases tout aussi discutables que celles servant de justificatif à l’esclavage. Et c’est là toute la puissance de ce film ; aucun des personnages ou des camps n’est totalement bon ou mauvais, il n’y a pas de nuances ou de demi-mesures. Dans ce biopic, les faits nous sont présentés de manière brut, la visée n’étant pas de nous apitoyer sur les injustices commises, mais de voir jusqu’où l’instrumentalisation de la religion peut aller, comment elle peut bouleverser et guider les convictions d’autrui.

Des thématiques qui font échos à notre époque

Je vous parlais d’instrumentalisation de la religion, et c’est un fait qui est malheureusement toujours d’actualité. La manière de l’aborder dans ce film nous pousse d’ailleurs à la réflexion : on traite d’une période historique révolue, oui, mais certains thèmes existent toujours actuellement.

Bien que l’on comprenne la révolte des esclaves, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur la justesse ou non des moyens qu’ils vont mettre en œuvre pour accéder à la liberté. Dans The Birth of a Nation, aucun personnages n’est foncièrement bon ou mauvais : ils ont leurs travers, leurs faiblesses et sont juste profondément imparfaits, et donc humains.

Destinée

You fight. You fight for us all.

Dès le début du film, le destin de Nat est dans un sens déjà tout tracé. On le prédestine à de grandes choses, et il en accomplira effectivement. Cette prédiction le suit tout au long de son parcours, c’est ce qui le pousse à prendre de grandes décisions pour œuvrer à la libération des siens, mais aussi ce qui fait que ses semblables placent beaucoup d’espoirs et d’attentes en lui. Là encore, la destiné de Nat est liée à cet aspect religieux omniprésent. Il représente en quelques sortes l’équivalent d’un guide, d’un Messie qui à pour mission de conduire son peuple à la terre promise –la liberté et l’affranchissement.

 

La relation complexe entre les personnages

These books are for white folks. They’re full of things your kind wouldn’t understand. You’re a special boy, Nathaniel. Study hard here.

Le rapport de force et d’inégalités entre les noirs et blancs est évidemment omniprésent. Toutefois, la relation entre Nate et Samuel est plus complexe que les autres. Samuel est le fils du propriétaire de la plantation où vit et travaille Nate, et il en deviendra plus tard le gérant. Enfants, ces derniers jouaient ensemble, mais en grandissant, leurs conditions respectives ont creusé un fossé entre eux. Devenu adulte, Samuel deviendra le maître de la plantation et par la même occasion de Nate.

Je trouve leur relation intéressante : ils se connaissent et se sont côtoyés depuis l’enfance et dans un sens, ils demeurent proches à l’âge adulte malgré le clivage qu’il y a entre eux. C’est ce qui rend leur relation si compliquée et par moment conflictuelle.

Joseph Randall: Your slaves sure do know how to behave.
Samuel Turner: I thank God for him. One of them is a preacher.
Joseph Randall: People might pay good money to have them calm down a bit, especially by one of their own.

 

 

En bref

The Birth of a nation est un film juste. Il est poignant, parfois violent et ne peut laisser un spectateur de marbre. On ressort forcément de ce visionnage avec des réflexions plein la tête. Je suis allée le voir il y a début janvier, et il me fait toujours cogiter, et je pense que ce sera encore le cas durant de longues semaines, voire même de longs mois. À l’heure où je poste cet avis, il ne doit plus être dans beaucoup de salles de cinéma, mais si vous avez l’occasion de le regarder et de l’acheter, saisissez-la car il vaut réellement le détour

 

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2 réflexions sur “The Birth of a Nation : entre histoire et actualité

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