Sweet sixteen d’Annelise Heurtier

sweet_sixteen_fond_blanc

resume

1957, Arkansas, USA.
Molly, 15 ans, fait face à un destin plus grand qu’elle. En compagnie de huit camarades, elle s’apprête à faire sa rentrée des classes au lycée de Little Rock – un établissement réservé aux Blancs, comme tous les lycées de tous les états d’Amérique du Nord. Molly, elle, est noire. Cette tentative d’intégration, la première aux États-Unis, suscite un violent rejet et un effroyable déferlement de haine. C’est avec émotion que l’on suit le parcours de cette jeune fille réservée mais animée de la plus farouche résolution, qui parvient à rester droite au cœur de la tempête.

Cette histoire est inspirée de faits réels.

– Quand est-ce que tu avais prévu de nous en parler ? As-tu pensé aux conséquences de ta décision ? As-tu seulement compris que tu vas tous nous mettre en danger ?
Molly était d’abord restée sans voix, la bouche ouverte, hébétée.
– Un paquet de Noirs se sont fait lyncher, et pour moins que ça, ma petite fille ! avait hurlé sa mère.


mon-avis

Noir ou pas, on finira tous avec la peau fripée. p.137

Sixteen Sixteen est un livre court. Tout juste 213 pages que l’on peut dévorer en une après-midi (ce que j’ai d’ailleurs fais), mais c’est surtout 213 pages qui vont vous bouleverser, vous révolter et vous émouvoir. Personnellement, ça a été une de mes premières lectures de 2017 et un vrai petit coup de cœur.

Avant d’entrer dans l’histoire, le livre débute par un avant-propos pour informer le lecteur du contexte historique aux États-Unis durant les années 1950, et que le récit qui va suivre est inspiré de faits ayant réellement eu lieu. Sweet Sixteen cible un public assez jeune (dès 12 ans), c’est donc un point historique important à souligner pour comprendre les enjeux exposés dans le roman, si la lutte pour les droits civiques des noirs américains ou de la Ségrégation sont méconnus du lectorat.

Toujours pour comprendre pleinement la thématique de ce roman, on y suit deux personnages que tout éloigne. Molly est noire, et Grace est blanche. Elles ont le même âge, habitent dans la même ville, mais vivent pourtant dans des mondes totalement opposés à cause des lois ségrégationnistes américaines. Leurs deux univers vont se confronter lorsque neuf élèves noirs –dont Molly- vont intégrer un lycée exclusivement réservé aux blancs.

On suit d’ailleurs alternativement l’histoire à travers les yeux de l’une, puis de l’autre. Cette pluralité des points de vue, ajouté à la plume simple et fluide de l’auteure nous permettent d’entrer facilement dans les pensées et les univers différents des personnages. À propos du style d’écriture de l’auteure, c’est surement sa simplicité qui nous permet d’être d’autant plus touchés par notre lecture car cela colle aux réflexions et au mode d’expression d’un adolescent et que l’on se sent ainsi plus proches des personnages. Si l’on avait été face à une plume plus complexe et travaillée, cela aurait créé une certaine distance avec les protagonistes.

Le thème de la discrimination est, je trouve, traité avec justesse compte tenu du contexte historique. C’est un sujet délicat, et face à un livre qui aborde ce type de sujet, une petite part de moi craint toujours que cela ne tombe dans l’exagération ou le pathos. Mais ce n’est pas le cas ici.

D’un côté nous avons Molly et son incompréhension face aux brimades qu’elle et ses camarades subissent, mais également sa détermination pour aller au bout de cette année scolaire, aussi difficile soit-elle à vivre. De l’autre, nous avons Grace qui à grandit et à été élevée dans un environnement qui lui a toujours appris à considérer les personnes de couleurs comme inférieures, et pour qui ces valeurs seront remises en question. Les personnages secondaires, constitués de l’entourage des deux jeunes filles et d’individus moins récurrents. Ils ont également une place importante, bien que certains d’entre eux soient en arrière-plan et peu développés, ils font avancer et progresser l’histoire par leurs actions et leurs modes de pensées, qu’on les approuve ou non.

Puisqu’il s’agit d’un récit court, nous entrons dès les premiers chapitres dans le vif du sujet, et par la suite, les évènements se suivent et s’enchaînent sans passages à vide. Pour autant, on ne passe pas trop vite sur les faits, la succession d’évènements reste logique et cohérente.

Personne en pouvait se mettre à leur place. Personne, à part eux neuf, ne pouvait savoir ce que c’était d’avoir quinze ans et d’être humilié à longueur de journée. De se sentir si… inférieurs. Et d’être seuls. À part pour le déjeuner, Molly n’avait personne à qui parler. Autant elle avait réussi à se forger une carapace contre les insultes, autant elle n’arrivait pas à s’habituer à cette affreuse solitude. p.137

Jusqu’à présent, lorsque je lisais des livres traitant de la Ségrégation, on suivait rarement le parcours d’adolescents, ou du moins, pas en tant que personnages principaux. Ici, on peut aborder ce sujet à travers un œil différent et voir un autre aspect des enjeux que ces lois ont impliqués. À ce titre, Sweet Sixteen est un roman sur lequel il est intéressant de se pencher si cette thématique vous intéresse ou vous intrigue.

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