American Gods – Neil Gaiman

american_gods

resume

À peine sorti de prison, Ombre rencontre Voyageur, un personnage intrigant. Dieu antique, comme le suggèrent les indices énigmatiques qu’il sème à longueur de temps, fou furieux ou bien simple arnaqueur ? En quoi consiste le travail qu’il propose à Ombre ? En acceptant d’entrer à son service, ce dernier plonge au coeur d’un conflit qui le dépasse, opposant héros mythologiques de l’Ancien Monde et nouvelles idoles profanes de l’Amérique. Mais comment savoir qui tire véritablement les ficelles : ces entités légendaires saxonnes issues de l’aube des temps ou les puissances du consumérisme et de la technologie ? À moins que ce ne soit le mystérieux M. Monde…

mon-avis

American Gods est un roman dense et foisonnant. C’est le premier ouvrage que j’ai lu de Neil Gaiman et je l’ai réellement apprécié. Toutefois, je ne pense pas que ce soit le roman idéal pour découvrir l’univers de cet auteur.

S’il fallait résumer ce livre en un seul mot, ce serait : mythologies.

Mythologies au pluriel, car nous sommes confrontés à des divinités venant des quatre coins du monde : mythologie nordique, irlandaise, africaine, indoue et beaucoup d’autres. Tous ces dieux se retrouvent réunis en Amérique, terre d’immigration, parce qu’ils y ont été importés par différents peuples qui ont emportés leurs croyances sur ce nouveau territoire. Autrement dit, la diversité mythologique dans American Gods incarne également la diversité culturelle de l’Amérique.

Lire la suite

Publicités

La couleur des sentiments

la_couleur_des_sentiments

resume

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L’insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s’enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s’exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu’on n’a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l’ont congédiée.

Mais Skeeter, la fille des Phelan, n’est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s’acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l’a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot.

Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.


mon-avis

La couleur des sentiments est un roman historique de fiction superbement ancré dans le contexte des années 1960. Nous suivons alternativement trois personnages : Aibileen et Minny, deux bonnes noires et Miss Skeeter, une jeune femme blanche issue d’un milieu aisé. L’histoire se déroule dans le sud des États-Unis, plus précisément dans la ville de Jackson, dans l’état du Mississippi, durant la Ségrégation et la lutte pour les Droits Civiques des noirs. Je connaissais déjà la situation en Amérique à cette période-là pour avoir vu quelques films sur le sujet, avoir fait des recherches sur les représentants de la lutte pour les Droits Civiques, de ce fait, j’attendais beaucoup du cadre dans lequel allait évoluer les personnages, comment ce fond historique serait exploité et de quelle manière il serait mis en avant. Autant dire que je n’ai absolument pas été déçu et que ce roman a même surpassé mes attentes en m’apprenant certains éléments, ou fait découvrir certains acteurs progressistes de cette époque.

Au fil du récit, nous sommes amenés à côtoyer de près ou de loin certains grands noms, tels que Martin Luther King, Malcom X, Medgar Evers ou encore Rosa Parks. On y fait également mention des lois Jim Crow ou de manifestations qui ont réellement eut lieu.

Lire la suite

The Winner’s Curse de Marie Rutkoski

the_winners_curse

resume

Gagner peut être la pire des malédictions…

Fille du plus célèbre général d’un empire conquérant, Kestrel n’a que deux choix devant elle : s’enrôler dans l’armée ou se marier. Mais à dix-sept ans à peine, elle n’est pas prête à se fermer ainsi tous les horizons. Un jour, au marché, elle cède à une impulsion et acquiert pour une petite fortune un esclave rebelle à qui elle espère éviter la mort. Bientôt, toute la ville ne parle plus que de son coup de folie. Kestrel vient de succomber à la  » malédiction du vainqueur  » : celui qui remporte une enchère achète forcément pour un prix trop élevé l’objet de sa convoitise.

Elle ignore encore qu’elle est loin, bien loin, d’avoir fini de payer son geste. Joueuse hors pair, stratège confirmée, elle a la réputation de toujours savoir quand on lui ment. Elle croit donc deviner une partie du passé tourmenté de l’esclave, Arin, et comprend qu’il n’est pas qui il paraît… Mais ce qu’elle soupçonne n’est qu’une infime partie de la vérité, une vérité qui pourrait bien lui coûter la vie, à elle et à tout son entourage.

Gagner sera-t-il pour elle la pire des malédictions ? Jeux de pouvoir, coups de bluff et pièges insidieux : dans un monde nouveau, né de l’imagination d’une auteure unanimement saluée pour son talent, deux jeunes gens que tout oppose se livrent à une partie de poker menteur qui pourrait bien décider de la destinée de tout un peuple.


mon-avis

La première fois que j’ai entendu parler de The Winner’s Curse a été sur la chaîne booktube d’Opalyne. À l’époque, on ignorait que ce livre serait traduit en français plusieurs mois plus tard, chez Lumen. Je m’étais alors résolue à lire la saga en anglais et ça tombait à point nommé : je souhaitais me lancer dans la lecture VO pour maintenir mon niveau d’anglais, mais je ne savais pas vers quel livre me tourner. Ajoutons à ça qu’Opalyne avait su me convaincre dans sa vidéo : elle y avait vanté l’univers riche et prometteur. Maintenant que j’ai lu le roman, je ne peux que confirmer ses dires.

Lire la suite

Sweet sixteen d’Annelise Heurtier

sweet_sixteen_fond_blanc

resume

1957, Arkansas, USA.
Molly, 15 ans, fait face à un destin plus grand qu’elle. En compagnie de huit camarades, elle s’apprête à faire sa rentrée des classes au lycée de Little Rock – un établissement réservé aux Blancs, comme tous les lycées de tous les états d’Amérique du Nord. Molly, elle, est noire. Cette tentative d’intégration, la première aux États-Unis, suscite un violent rejet et un effroyable déferlement de haine. C’est avec émotion que l’on suit le parcours de cette jeune fille réservée mais animée de la plus farouche résolution, qui parvient à rester droite au cœur de la tempête.

Cette histoire est inspirée de faits réels.

– Quand est-ce que tu avais prévu de nous en parler ? As-tu pensé aux conséquences de ta décision ? As-tu seulement compris que tu vas tous nous mettre en danger ?
Molly était d’abord restée sans voix, la bouche ouverte, hébétée.
– Un paquet de Noirs se sont fait lyncher, et pour moins que ça, ma petite fille ! avait hurlé sa mère.


mon-avis

Noir ou pas, on finira tous avec la peau fripée. p.137

Sixteen Sixteen est un livre court. Tout juste 213 pages que l’on peut dévorer en une après-midi (ce que j’ai d’ailleurs fais), mais c’est surtout 213 pages qui vont vous bouleverser, vous révolter et vous émouvoir. Personnellement, ça a été une de mes premières lectures de 2017 et un vrai petit coup de cœur.

Avant d’entrer dans l’histoire, le livre débute par un avant-propos pour informer le lecteur du contexte historique aux États-Unis durant les années 1950, et que le récit qui va suivre est inspiré de faits ayant réellement eu lieu. Sweet Sixteen cible un public assez jeune (dès 12 ans), c’est donc un point historique important à souligner pour comprendre les enjeux exposés dans le roman, si la lutte pour les droits civiques des noirs américains ou de la Ségrégation sont méconnus du lectorat. Lire la suite

La Langue des bêtes – Stéphane Servant

la-langue-des-betes

resume.png

Au fond des bois, vit une communauté d’anciens membres d’un cirque. Depuis très longtemps ils ne donnent plus de spectacle. Un jour, de grands travaux grignotent le territoire autour d’eux, et on oblige l’enfant de la famille, La Petite, à rejoindre l’école du village. Dans la continuité de son roman précédent, Le Cœur des louves, Stéphane Servant raconte une fable contemporaine, sur la perte de nos origines primitives, le rapport aux animaux et à la nature dans notre monde contemporain.


mon-avis

La langue des bêtes est la confrontation de deux mondes opposés : celui de la civilisation que l’on connaît, puis celui de Petite qui est peuplé d’histoires. Ces dernières, tout comme les mots ont une place centrale dans le livre : ils sont dotés d’une force qui leur est propre et qui en fait des personnages à part entière.

« Parce que parfois les mots s’imposent à notre esprit comme des augures et que dès lors nous sommes soumis à leur seule volonté. Et c’est peut-être là qu’ils acquièrent leur vraie magie : quand nos propres mots nous submergent et font de nous des marionnettes de papier. » p.245

Lire la suite